{"id":113,"date":"2017-10-14T11:42:02","date_gmt":"2017-10-14T11:42:02","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.1.40\/museu\/?p=113"},"modified":"2022-10-07T11:30:48","modified_gmt":"2022-10-07T11:30:48","slug":"proust-a-la-recherche-du-temps-perdu","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/meumon.synology.me\/museu\/proust-a-la-recherche-du-temps-perdu\/","title":{"rendered":"Proust. \u00c0 la recherche du temps perdu"},"content":{"rendered":"<p>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><a href=\"http:\/\/meumon.synology.me\/museu\/proust-a-la-recherche-du-temps-perdu\/#jodespresdormir\"> La reconstrucci\u00f3 del jo en despertar<\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><a href=\"http:\/\/meumon.synology.me\/museu\/proust-a-la-recherche-du-temps-perdu\/#madeleine\"> La madeleine<\/a><\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;ombre des jeunes filles en fleurs<\/p>\n<p>Le c\u00f4t\u00e9 de Guermantes I i II<\/p>\n<p>Sodome et Gomorrhe<\/p>\n<p>La Prisonni\u00e8re<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/meumon.synology.me\/museu\/proust-a-la-recherche-du-temps-perdu\/#AD\">Albertine disparue<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/meumon.synology.me\/museu\/proust-a-la-recherche-du-temps-perdu\/#TR\">Le Temps retrouv\u00e9<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Du cot\u00e9 de chez Swan<\/h3>\n<div id=\"jodespresdormir\">\n<p>Despertar<\/p>\n<p>Longtemps, je me suis couch\u00e9 de bonne heure. Parfois, \u00e0 peine ma bougie \u00e9teinte, mes yeux se fermaient si vite que je n\u2019avais pas le temps de me dire: \u201cje m\u2019endors.\u201d<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>Mais il suffisait que, dans mon lit m\u00eame, mon sommeil f\u00fbt profond et d\u00e9tendit enti\u00e8rement mon esprit; alors celui-ci l\u00e2chait le plan du lieu o\u00f9 je m\u2019\u00e9tais endormi et, quand je m\u2019\u00e9veillais au milieu de la nuit, comme j\u2019ignorais o\u00f9 je me trouvais, je ne savais m\u00eame pas au premier instant qui j\u2019\u00e9tais; j\u2019avais seulement dans sa simplicit\u00e9 premi\u00e8re le sentiment de l\u2019existence comme il peut fr\u00e9mir au fond d\u2019un animal; j\u2019\u00e9tais plus d\u00e9nu\u00e9 que l\u2019homme des cavernes; mais alors le souvenir \u2013non encore du lieu o\u00f9 j\u2019\u00e9tais, mais de quelques-uns de ceux que j\u2019avais habit\u00e9s et o\u00f9 j\u2019aurais pu \u00eatre- venait \u00e0 moi comme un secours d\u2019en haut pour me tirer du n\u00e9ant d\u2019o\u00f9 je n\u2019aurais pu sortir tout seul; je passais en une seconde par-dessus des si\u00e8cles de civilisation, et l\u2019image confus\u00e9ment entrevue de lampes \u00e0 p\u00e9trole, puis de chemises \u00e0 col rabattu, recomposait peu \u00e0 peu les traits originaux de mon moi.<\/p>\n<div id=\"madeleine\">La madeleine<br \/>\nIl y avait d\u00e9j\u00e0 bien des ann\u00e9es que, de Combray, tout ce qui n\u2019\u00e9tait pas le th\u00e9\u00e2tre et la drame de mon coucher, n\u2019existait plus pour moi, quand un jour d\u2019hiver, comme je rentrais \u00e0 la maison, ma m\u00e8re, voyant que j\u2019avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de th\u00e9. Je refusai d\u2019abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces g\u00e2teaux courts et dodus appel\u00e9s Petites Madeleines qui semblent avoir \u00e9t\u00e9 moul\u00e9s dans la valve rainur\u00e9e d\u2019une coquille de Saint-Jacques. Et bient\u00f4t, machinalement, accabl\u00e9 par la morne journ\u00e9e et la perspective d\u2019un triste lendemain, je portai a mes l\u00e8vres une cuiller\u00e9e du th\u00e9 o\u00f9 j\u2019avais laiss\u00e9 s\u2019amollir un morceau de madeleine. Mais \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 la gorg\u00e9e m\u00eal\u00e9e de miettes de g\u00e2teau toucha mon palais, je tressaillis, attentif a ce qui se passait d\u2019extraordinaire en moi. Un plaisir d\u00e9licieux m\u2019avait envahi, isol\u00e9, sans la notion de sa cause. Il m\u2019avait aussit\u00f4t rendu les vicissitudes de la vie indiff\u00e9rentes, ses d\u00e9sastres inoffensifs, sa brevet\u00e9 illusoire, de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019op\u00e8re l\u2019amour, en me remplissant d\u2019une essence pr\u00e9cieuse: ou plut\u00f4t cette essence n\u2019\u00e9tait pas en moi, elle \u00e9tait moi. J\u2019avais cess\u00e9 de me sentir m\u00e9diocre, contingent, mortel. D\u2019o\u00f9 avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu\u2019elle \u00e9tait li\u00e9e au go\u00fbt du th\u00e9 et du g\u00e2teau, mais qu\u2019elle le d\u00e9passait infiniment, ne devait pas \u00eatre de m\u00eame nature.<\/p>\n<hr \/>\n<h3 id=\"AD\">Albertine disparue<\/h3>\n<div><\/div>\n<div id=\"ADamfibi\">\u00c9sser amfibi<\/div>\n<p>Mais un m\u00e9decin de l\u2019\u00e2me qui m\u2019e\u00fbt visit\u00e9 e\u00fbt trouv\u00e9 que pour le reste, mon chagrin lui-m\u00eame allait mieux. Sans doute en moi, comme j\u2019\u00e9tais un homme, un de ces \u00eatres amphibies qui sont simultan\u00e9ment plong\u00e9s dans le pass\u00e9 et dans la r\u00e9alit\u00e9 actuelle, il existait toujours une contradiction entre le souvenir vivant d\u2019Albertine et la connaissance que j\u2019avais de sa mort.<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"tempsretrouve\">\n<h3>Le temps retrouv\u00e9<\/h3>\n<\/div>\n<div id=\"transformacionsjo\">Les transformacions del jo, morts parcials<\/div>\n<p>Si l\u2019id\u00e9e de la mort dans ce temps-l\u00e0 m\u2019avait, on l\u2019a vu, assombri l\u2019amour, depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 le souvenir de l\u2019amour m\u2019aidait \u00e0 ne pas craindre la mort. Car je comprenais que mourir n\u2019\u00e9tait pas quelque chose de nouveau, mais qu\u2019au contraire, depuis mon enfance j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 mort bien des fois. Pour prendre la p\u00e9riode la moins ancienne, n\u2019avais-je pas tenu \u00e0 Albertine plus qu\u2019\u00e0 ma vie? Pouvais-je alors concevoir ma personne sans qu\u2019y continu\u00e2t mon amour pour elle? Or je ne l\u2019aimais plus, j\u2019\u00e9tais, on plus l\u2019\u00eatre qui l\u2019aimait, mais un \u00eatre diff\u00e9rent qui en l\u2019aimait pas, j\u2019avais cess\u00e9 de l\u2019aimer quand j\u2019\u00e9tais devenu un autre. Or je ne souffrais pas d\u2019\u00eatre devenu cet autre, de ne plus aimer Albertine; et certes ne plus avoir un jour mon corps ne pouvait me para\u00eetre en aucune fa\u00e7on quelque chose d\u2019aussi triste que m\u2019avait paru jadis de ne plus aimer un jour Albertine.<\/p>\n<div id=\"TRvidaliteratura\">La vida de deb\u00f3 \u00e9s la literatura<\/div>\n<p>[p. 257]<\/p>\n<p>La vraie vie, la vie enfin d\u00e9couverte et \u00e9claircie, la seule vie par cons\u00e9quent r\u00e9ellement v\u00e9cue, c\u2019est la litt\u00e9rature; cette vie qui, en un sens, habite \u00e0 chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l\u2019artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu\u2019ils ne cherchent pas \u00e0 l\u2019\u00e9claircir. Et ainsi leur pass\u00e9 est encombr\u00e9 d\u2019innombrables clich\u00e9s qui restent inutiles parce que l\u2019intelligence ne les a pas \u201cd\u00e9velopp\u00e9s\u201d. Notre vie, et aussi la vie des autres; car le style pour l\u2019\u00e9crivain, aussi bien que la couleur pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. Il est la r\u00e9v\u00e9lation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la diff\u00e9rence qualitative qu\u2019il y a dans la fa\u00e7on dont nous appara\u00eet le monde, diff\u00e9rence qui, s\u2019il n\u2019y avait pas l\u2019art, resterait le secret \u00e9ternel de chacun. Par l\u2019art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n\u2019est pas le m\u00eame que le n\u00f4tre, et dont les paysages nous seraient rest\u00e9s aussi inconnus que ceux qu\u2019il peut y avoir dans la lune.<\/p>\n<p>La vida de deb\u00f3 \u00e9s l\u2019elaboraci\u00f3 de la sensaci\u00f3, no pas l\u2019abstracci\u00f3 ni la posici\u00f3<br \/>\n[p. 258]<\/p>\n<p>Ce travail de l\u2019artiste, de chercher \u00e0 apercevoir sous de la mati\u00e8re, sous de l\u2019exp\u00e9rience, sous des mots quelque chose diff\u00e9rent, c\u2019est exactement le travail inverse de celui que, \u00e0 chaque minute, quand nous vivons d\u00e9tourn\u00e9 de nous-m\u00eame, l\u2019amour-propre, la passion, l\u2019intelligence, et l\u2019habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher enti\u00e8rement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie. En somme, cet art si compliqu\u00e9 est justement le seul art vivant. Seul il exprime pour les autres et nous fait voir \u00e0 nous-m\u00eame notre propre vie, cette vie qui ne peut pas s\u2019\u201dobserver\u201d, dont les apparences qu\u2019on observe ont besoin d\u2019\u00eatre traduites et souvent lues \u00e0 rebours et p\u00e9niblement d\u00e9chiffr\u00e9es. Ce travail qu\u2019avaient fait notre amour-propre, notre passion, notre esprit d\u2019imitation, notre intelligence abstraite, nos habitudes, c\u2019est ce travail que l\u2019art d\u00e9fera, c\u2019est la marche en sens contraire, le retour aux profondeurs o\u00f9 ce qui a exist\u00e9 r\u00e9ellement g\u00eet inconnu de nous, qu\u2019il nous fera suivre. ET sans doute c\u2019\u00e9tait une grande tentation que de recr\u00e9er la vraie vie, de rajeunir les impressions. Mais il fallait du courage de tout genre, et m\u00eame sentimental. Car c\u2019\u00e9tait avant tout abroger ses plus ch\u00e8res illusions, cesser de croire a l\u2019objectivit\u00e9 de ce qu\u2019on a \u00e9labor\u00e9 soi-m\u00eame, et, au lieu de se bercer une centi\u00e8me fois de ces mots: \u201cElle \u00e9tait bien gentille\u201d, lire au travers: \u201cJ\u2019avais du plaisir \u00e0 l\u2019embrasser\u201d.<\/p>\n<p>Les impressions afloren pel dolor [o la nost\u00e0lgia]<br \/>\n[p. 259]<\/p>\n<p>[&#8230;] (car, si peu que notre vie doive durer, ce n\u2019est que pendent que nous souffrons que nos pens\u00e9es, en quelque sorte agit\u00e9es de mouvements perp\u00e9tuels et changeants, font monter comme dans une temp\u00eate, \u00e0 un niveau d\u2019o\u00f9 nous pouvons la voir, toute cette immensit\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e par des lois, sur laquelle, post\u00e9s \u00e0 une fen\u00eatre mal plac\u00e9e, nous n\u2019avons pas vue, car le calme du bonheur la laisse unie et \u00e0 un niveau trop bas; peut-\u00eatre seulement pour quelques grands g\u00e9nies ce mouvement existe-t-il constamment sans qu\u2019il y ait besoin pour eux des agitations de la douleur; encore n\u2019est-il pas certain, quand nous contemplons l\u2019ample et r\u00e9gulier d\u00e9veloppement de leurs oeuvres joyeuses, que nous ne soyons trop port\u00e9s \u00e0 supposer d\u2019apr\u00e8s la joie de l\u2019oeuvre celle de la vie, qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 au contraire constamment douloureuse)<br \/>\n[&#8230; p. 261 nota]<br \/>\nChaque personne qui nous fait souffrir peut \u00eatre rattach\u00e9e par nous \u00e0 une divinit\u00e9 dont elle n\u2019est qu\u2019un reflet fragmentaire et le dernier degr\u00e9, divinit\u00e9 (id\u00e9e) dont la contemplation nous donne aussit\u00f4t de la joie au lieu de la peine que nous avions. Tout l\u2019art de vivre, c\u2019est de ne nous servir de personnes qui nous font souffrir que comme d\u2019un degr\u00e9 permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leur forme divine et de peupler ainsi joyeusement notre vie de divinit\u00e9s.<\/p>\n<p>La realitat, expressada despr\u00e9s del silenci<br \/>\n[p. 260]<\/p>\n<p>Et quand nous aurons atteint la r\u00e9alit\u00e9, pour l\u2019exprimer, pour la conserver nous \u00e9carterons ce qui est diff\u00e9rent d\u2019elle et que ne cesse de nous apporter la vitesse acquise de l\u2019habitude. Plus que tout j\u2019\u00e9carterais ces paroles que les l\u00e8vres plut\u00f4t que l\u2019esprit choisissent, ces paroles pleines d\u2019humour, comme on ne dit dans la conversation, et qu\u2019apr\u00e8s une longue conversation avec les autres on continue \u00e0 s\u2019adresser facticement \u00e0 soi-m\u00eame et qui nous remplissent l\u2019esprit de mensonges, ces paroles toutes physiques qu\u2019accompagne chez l\u2019\u00e9crivain qui s\u2019abaisse \u00e0 les transcrire le petit sourire, la petite grimace qui alt\u00e8re \u00e0 tout moment, par exemple, la phrase parl\u00e9e d\u2019un Sainte-Beuve, tandis que les vrais livres doivent \u00eatre les enfants non du grand jour et de la causerie mais de l\u2019obscurit\u00e9 et du silence. Et comme l\u2019art recompose exactement la vie, autour des v\u00e9rit\u00e9s qu\u2019on a atteintes en soi-m\u00eame flottera toujours une atmosph\u00e8re de po\u00e9sie, la douceur d\u2019un myst\u00e8re qui n\u2019est que le vestige de la p\u00e9nombre que nous avons d\u00fb traverser, l\u2019indication, marqu\u00e9e exactement comme par un altim\u00e8tre, de la profondeur d\u2019une oeuvre.<\/p>\n<p>Infelicitat qui inspira<br \/>\n[p. 270]<\/p>\n<p>Car les bonheur seul est salutaire pour le corps, mais c\u2019est le chagrin qui d\u00e9veloppe les forces de l\u2019esprit. D\u2019ailleurs, ne nous d\u00e9couvr\u00eet-il pas \u00e0 chaque fois une loi, qu\u2019il n\u2019en serait pas moins indispensable pour nous remettre chaque fois dans la v\u00e9rit\u00e9, nous forcer \u00e0 prendre les choses au s\u00e9rieux, arrachant chaque fois les mauvaises herbes de l&#8217;habitude, du scepticisme, de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de l&#8217;indiff\u00e9rence.<br \/>\n[&#8230;]<br \/>\nCes r\u00e9flexions me faisaient trouver un sens plus fort et plus exact \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que j\u2019ai souvent pressentie, notamment quand Mme de Cambremer se demandait comment je pouvais d\u00e9laisser pour Albertine un homme remarquable comme Elstir. M\u00eame au point de vue intellectuel je sentais qu\u2019elle avait tort, mais je ne savais pas ce qu\u2019elle m\u00e9connaissait: c\u2019\u00e9tait les le\u00e7ons avec lesquelles on fait son apprentissage d\u2019homme de lettres. La valeur objective des arts est peu de chose en cela; ce qu\u2019il s\u2019agit de faire sortir, d\u2019amener \u00e0 la lumi\u00e8re, ce sont nos sentiments, nos passions, c\u2019est-\u00e0-dire les passions, les sentiments de tous. Une femme dont nous avons besoin, qui nous fait souffrir, tire de nous des s\u00e9ries de sentiments autrement profonds, autrement vitaux, qu\u2019un homme sup\u00e9rieur qui nous int\u00e9resse.<br \/>\n[&#8230;272]<br \/>\nQuant au bonheur, il n\u2019a presque qu\u2019en seule utilit\u00e9, rendre le malheur possible. Il faut que dans le bonheur nous formions des liens bien doux et bien forts de confiance et d\u2019attachement pour que leur rupture nous cause le d\u00e9chirement si pr\u00e9cieux qui s\u2019appelle le malheur. Si l\u2019on n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 heureux, ne f\u00fbt-ce que par l\u2019esp\u00e9rance, les malheurs seraient sans cruaut\u00e9 et par cons\u00e9quent sans fruit.<br \/>\nEt plus qu\u2019au peintre, \u00e0 l\u2019\u00e9crivain, pour obtenir du volume et de la consistance, de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, de la r\u00e9alit\u00e9 litt\u00e9raire, comme il lui faut beaucoup d\u2019\u00e9glises vues pour en peindre une seule, il lui faut aussi beaucoup d\u2019\u00eatres pour un seul sentiment. Car si l\u2019art est long et la vie courte, les sentiments qu\u2019elle doit peindre ne sont pas beaucoup plus longs. (nota: ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d\u2019intervalle qui les \u00e9crit.)<br \/>\n[&#8230; p. 273]<br \/>\nL\u2019imagination, la pens\u00e9e peuvent \u00eatre des machines admirables en soi, mais elles peuvent \u00eatre inertes. La souffrance alors les met en marche.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann La reconstrucci\u00f3 del jo en despertar La madeleine \u00c0 l&#8217;ombre des jeunes filles en fleurs Le c\u00f4t\u00e9 de Guermantes I i II Sodome et Gomorrhe La Prisonni\u00e8re Albertine disparue Le Temps retrouv\u00e9 Du cot\u00e9 de chez Swan Despertar Longtemps, je me suis couch\u00e9 de bonne heure. 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